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EBIOS RM — Matrice de risques (version initiale)

Statut : cible. Ce document décrit ce que l’équipe vise et a décidé, pas ce qui est déjà codé. L’état réel du code est suivi dans constat/etat-implementation.md.

Ticket : WOR-31 · Responsable : Cédric · Version 0.1 du 19/10/2026, validée par les coachs (WOR-32)

Cette version couvre les ateliers 1 et 2. Les ateliers 3 à 5 (scénarios stratégiques et opérationnels, traitement du risque) seront faits dans WOR-67, une fois l’architecture (WOR-27) et le scénario d’attaque (WOR-29) arrêtés.

Hypothèses de travail

  • L’entreprise est un opérateur de paiement fictif. Il traite les paiements de commerçants partenaires pour des utilisateurs finaux. Toutes les données sont fictives.
  • Le démonstrateur tourne sur un seul PC Hôte, avec Docker Compose sur le réseau RESILIENCE-G6. L’attaque vient d’un PC Attaquant distinct.
  • Le coût d’un arrêt est chiffré dans services-critiques.md (WOR-68). Les objectifs RTO/RPO sont fixés dans rto-rpo.md (WOR-70).

Atelier 1 — Cadrage et socle de sécurité

1.1 Valeurs métier

ID Valeur métier Nature Responsable métier (fictif)
VM1 Traitement des paiements : initier, autoriser, enregistrer une transaction Processus Direction des opérations
VM2 Consultation des transactions par les partenaires et les utilisateurs Processus Direction des opérations
VM3 Authentification et gestion des accès Processus RSSI
VM4 Données de comptes et de transactions Information DPO / Direction financière
VM5 Traçabilité : journaux et preuves d’audit Information RSSI / Conformité
VM6 Capacité de détection et de reprise automatique Processus Direction de la production

1.2 Biens supports

ID Bien support Valeurs métier portées
BS1 Front web de paiement VM1, VM2
BS2 API métier de paiement (Node.js, app/backend/) VM1, VM2, VM4
BS3 Authentification intégrée à l’API (pas de service séparé), sessions en base ; dans le socle, elles sont en mémoire tant que l’API n’est pas branchée sur PostgreSQL VM3
BS4 Base PostgreSQL (utilisateurs, sessions, intentions de paiement) VM1, VM4
BS5 WAF / reverse proxy VM1, VM2, VM3
BS6 Stack d’observabilité (Prometheus, Loki, Grafana) et SIEM VM5, VM6
BS7 Service d’inférence ML (détection d’anomalies) VM6
BS8 Moteur de remédiation, playbooks Ansible, accès au moteur Docker VM6, puis indirectement toutes
BS9 Gestion des secrets (HashiCorp Vault) VM3, VM4
BS10 Assistant RAG (Ollama, LangChain) VM6 (aide aux opérateurs)
BS11 PC Hôte et réseau RESILIENCE-G6 Toutes
BS12 Dépôt Git et procédure de déploiement VM6

Point d’attention : BS8 (le moteur de remédiation) a des droits élevés sur tous les conteneurs. C’est le bien support le plus sensible du dispositif (voir ER6).

Alignement sur le code (20/10) : BS7 (inférence ML) et BS8 (remédiation) ne sont pas encore codés. BS5 (WAF) est déployé et l’API est derrière lui. Dans le socle, l’API garde ses données en mémoire (BS4 n’y est pas utilisée). Les vulnérabilités relevées dans le code (port de la base publié, secrets en clair, code de vérification renvoyé par l’API, appel à OpenAI) sont listées dans constat/etat-implementation.md §3 et seront traitées dans les ateliers 3 à 5 (WOR-67).

1.3 Événements redoutés

Échelle de gravité : G1 mineure · G2 significative · G3 grave · G4 critique.

Pour une indisponibilité, l’échelle est chiffrée dans services-critiques.md (WOR-68) : G1 ≤ 5 min (~1,5 k€), G2 ≤ 30 min (~10 k€), G3 ≤ 2 h (~700 k€, SLA dépassé), G4 > 2 h (> 1,5 M€, incident majeur DORA).

ID Événement redouté VM Impacts Gravité
ER1 Paiements indisponibles au-delà du RTO VM1 Transactions des partenaires bloquées, perte de chiffre d’affaires, perte de confiance, incident majeur à déclarer (DORA) G4
ER2 Transactions altérées ou incohérentes (montant modifié, double débit, transaction fantôme) VM1, VM4 Préjudice financier direct, litiges, données comptables fausses G4
ER3 Fuite des données de comptes ou de transactions VM4 Atteinte à la vie privée (RGPD), sanctions, atteinte à l’image G3
ER4 Accès non autorisé à un compte (usurpation d’identité) VM3 Fraude, opérations frauduleuses initiées G3
ER5 Journaux perdus ou altérés VM5 Investigation impossible, preuves perdues, non-conformité G3
ER6 Moteur de remédiation détourné ou en erreur (arrêt de services, restauration de mauvaises données) VM6 → VM1 Interruption provoquée par le dispositif de défense lui-même, possibilité de rebond sur tout le SI G4
ER7 Consultation des transactions indisponible VM2 Gêne pour les partenaires, appels au support G2

1.4 Socle de sécurité

Référentiel Applicabilité Écarts connus à ce stade
DORA (règlement UE 2022/2554) Applicable : entité financière Pas de tests de résilience menés par un tiers, pas de gestion des prestataires TIC (voir WOR-69)
NIS2 (directive UE 2022/2555) Non applicable : les établissements de paiement ne sont pas à l’annexe I. Pour les entités financières, DORA prime de toute façon Voir nis2-dora.md (WOR-69)
RGPD Applicable par principe (données personnelles fictives) Aucune donnée réelle, donc écart sans conséquence pour le prototype
Guide d’hygiène informatique de l’ANSSI Bonnes pratiques de référence Hôte unique (point de défaillance unique), pas de sauvegarde hors site
PCI DSS Référence du secteur pour les données de carte Hors périmètre : aucune donnée de carte manipulée

Atelier 2 — Sources de risque et objectifs visés

Cotation de la pertinence : 1 faible · 2 moyenne · 3 forte. Elle combine la motivation, les ressources et l’activité constatée de la source.

ID Source de risque (SR) Objectif visé (OV) Motivation Ressources Pertinence Retenu ?
SR1 Cybercriminel organisé Gain financier : fraude aux paiements, rançongiciel Forte Importantes 3 ✅
SR2 Hacktiviste Visibilité, nuire à l’image : déni de service Moyenne Moyennes (botnets loués) 3 ✅
SR3 Initié malveillant (employé, prestataire) Vengeance ou gain : sabotage, fraude interne Moyenne Accès légitimes 2 ✅
SR4 Attaquant opportuniste Défi, revente d’accès : exploitation d’une vulnérabilité web, bourrage d’identifiants Faible Outils publics 2 ✅
SR5 Concurrent ou officine d’espionnage Vol de données commerciales Faible Moyennes 1 ❌ données fictives, sans valeur concurrentielle
SR6 Acteur étatique (APT) Déstabiliser le secteur financier Faible pour une petite entité Très importantes 1 ❌ hors de portée d’un prototype de 4 jours, cité comme risque résiduel

Les événements non intentionnels (erreur d’exploitation, panne, faux positif du modèle ML) ne sont pas des sources de risque au sens d’EBIOS. Ils seront traités dans le PCA/PRA (WOR-71).


Matrice de risques initiale

Vraisemblance provisoire : V1 peu vraisemblable · V2 vraisemblable · V3 très vraisemblable · V4 quasi certain. Elle sera affinée dans les ateliers 3 et 4.

ID Risque (SR → mode d’action → ER) Gravité Vraisemblance Niveau
R1 SR2 → déni de service applicatif sur l’API ou le front → ER1 G4 V3 🔴 Élevé
R2 SR1 → injection applicative sur l’API → ER2 G4 V2 🔴 Élevé
R3 SR3 → détournement des droits du moteur de remédiation → ER6 G4 V2 🔴 Élevé
R4 SR4 → bourrage d’identifiants ou force brute sur l’authentification → ER4 G3 V3 🟠 Significatif
R5 SR1 → compromission puis exfiltration de la base → ER3 G3 V2 🟠 Significatif
R6 SR3 → effacement ou altération des journaux → ER5 G3 V2 🟠 Significatif
R7 SR1 → rançongiciel sur le PC Hôte → ER1, ER3 G4 V1 🟠 Significatif
R8 SR2 → saturation de la consultation → ER7 G2 V3 🟡 Modéré

Cartographie

Gravité \ Vraisemblance V1 V2 V3 V4
G4 R7 R2, R3 R1
G3 R5, R6 R4
G2 R8
G1

Lecture

  • R1 (déni de service) est le risque le plus élevé. C’est aussi le meilleur candidat pour le scénario d’attaque de la démo (WOR-29) : effet observable, détectable par le ML et réparable automatiquement.
  • R2 et R5 (injection, exfiltration) appellent une réponse différente d’une simple restauration de la disponibilité. Le sujet demande explicitement de ne pas confondre les deux (voir WOR-39).
  • R3 porte sur notre propre dispositif de défense. Il justifie WOR-64 (sécuriser le moteur de remédiation), que le jury évalue sur l’Axe 2.

Validation par les coachs (WOR-32)

La version initiale (ateliers 1 et 2) a été validée par les coachs. Remarques éventuelles des coachs : à reporter ici.

Points qui leur ont été soumis :

  1. Le périmètre des valeurs métier : faut-il garder VM6 (la capacité de reprise) comme valeur métier, ou seulement comme bien support ?
  2. Les sources de risque écartées (SR5 et SR6) et leur justification.
  3. Le choix de R1 comme scénario principal de la démo.
  4. L’échelle de gravité chiffrée (durée d’arrêt et coût, voir services-critiques.md) : les hypothèses sur l’entreprise fictive sont-elles crédibles ?

Suites

  • WOR-67 : ateliers 3 à 5, avec les chemins d’attaque sur les biens supports réels et les mesures de traitement.
  • WOR-73 : relier chaque risque aux composants et aux résultats des tests.